Le raisonnement de la date de semis doit se faire en fonction de la variété.

Les caractéristiques des variétés

Attention aux idées reçues : « Il me faut un blé hiver pour semer tôt » c’est souvent vrai, mais incomplet !

Dans le langage courant, le terme "type hiver" est couramment utilisé pour désigner un blé qu'on peut semer tôt, par opposition aux blés "alternatifs" qu'on peut semer tard. La réalité est sensiblement différente.

Tout d'abord, il faut savoir que les cotations du GEVES pour l’inscription (alternativité et précocité d’épiaison) ne sont pas suffisantes. En particulier, l’alternativité ne caractérise que les besoins en froid et non pas le rythme de développement. Pour savoir à quelle date semer, il faut consulter les tableaux de précocité de montaison (publiés notamment par Arvalis - Institut du végétal en post-inscription), ainsi que les conseils de l’obtenteur.

Retrouvez tous les tableaux de classements variétaux et rythme de développement des céréales en cliquant ici.

Raisonner son semis

Pour calculer les premières dates de semis possibles : les besoins en froid et la précocité ne sont pas limitants. En revanche, on tient compte de la date d’apparition du stade épi 1 cm (précocité de montaison) afin de minimiser le risque de gel d’épis (gels tardifs de mars).

Stade épis 1cm

Pour calculer les dernières dates de semis possibles : dans ce cas, le cycle végétatif est raccourci (remplissage des grains plus exposé au stress), et la satisfaction des besoins en froid sera plus difficile voire impossible. Il faut donc des blés suffisamment précoces et alternatifs.

Semer tôt

Pour semer tôt, une variété tardive est souvent recherchée, d’autant que l’avancement de la date de semis peut permettre d’échapper aux stress de fin de cycle.

Attention, quoique rares, certaines variétés tardives peuvent pourtant être thermosensibles, ce qui limite les possibilités de semis très précoces sans risque de gel d’épis pour ces variétés, par exemple AMIFOR. Et inversement une variété précoce comme AIGLE peut se semer tôt car elle possède un frein de sensibilité à la photopériode.

Les variétés photosensibles sont les plus indiquées. KALAHARI, ISTABRAQ et LEAR peuvent se semer dès fin septembre.

Précaution : en semis précoce, il faut adapter la densité car le risque de verse augmente, veillez à une bonne protection de la semence, puis surveillez la végétation qui est plus exposée, notamment vis-à-vis du piétin et de la septoriose.

Semer tard

Une variété précoce doit être semée plus tard qu’une variété tardive. Cela est d’autant plus vrai si la variété est thermosensible et que le climat est tempéré : une reprise précoce profitera de conditions clémentes en sortie d’hiver.

Exemples en blé : CEZANNE, AUBUSSON, ALTAMIRA, ALHAMBRA, ARMADA, ALTIGO, ASCOTT.

En semis tardif, plus la variété sera tardive, plus elle sera exposée au risque d’échaudage de fin de cycle. Et quelle que soit la variété, une parcelle semée tard est davantage exposée à des températures très froides alors qu’elle est encore à un stade vulnérable (gel du coléoptile ou de plantules en début de cycle, avant endurcissement). Plus le semis sera tardif, plus la levée sera ralentie et les pertes de pieds importantes : augmentez les densités de semis en conséquence.

Semer très tard

En janvier, le choix d’une variété au moins ½ alternative s’impose, tandis que pour les semis de février à mi-mars, il faut s’engager sur une variété complètement alternative (par exemple ALTAMIRA ou ALHAMBRA). La date butoir de « mi-mars » concerne les régions Nord et Nord-Ouest de la France. Dans la moitié Sud de la France, tenez compte d’une moindre vernalisation, et bien entendu adaptez les dates de semis aux contraintes de sol et de climat qui sont moins favorables aux semis très tardifs.

D’autres critères, comme le tallage et la précocité orienteront vos choix :

  • Dans la moitié Sud et dans les sols séchants :

La précocité doit être prise en compte pour limiter les risques d’échaudage de fin de cycle.

  • Dans la moitié Nord et dans les sols profonds :

On peut semer relativement tard des blés alternatifs à cycle plus long comme ISTABRAQ.

  • Le choix d’une variété à tallage élevé est important :

Le nombre d’épis/m² est la composante qui influe le plus sur le potentiel de rendement en semis tardif, comme le montrent les performances d’AUBUSSON et ALIXAN en semis tardif, par exemple.

Retrouvez toutes les informations sur les variétés du marché dans notre Guide des Semences.

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