Chaque année, la question de la date la mieux adaptée pour la mise à l’herbe des animaux se pose. Nous vous donnons quelques repères et méthodes pour mieux gérer l’herbe au printemps.

Les points critiques de la mise à l'herbe

On constate parfois une tendance à démarrer trop tard le pâturage. Il est possible de mettre les troupeaux dans une parcelle dès que l’herbe atteint 6 à 7 cm (mesurée à l’herbomètre) et si bien sûr, le sol est portant et que les conditions climatiques le permettent.

Les particularités selon le type d’élevage

En lait, les vaches peuvent être sorties plus tôt pour les laisser « prendre l’air » quelques heures par jour. Mais la véritable date de démarrage du pâturage est celle de la fermeture du silo. De façon générale, celle-ci doit intervenir aux environs du 15 avril, si vous disposez de suffisamment de surface à pâturer (soit au moins 25 ares par vache laitière).

Pour les troupeaux allaitants, la mise à l’herbe est le plus souvent réalisée sans transition alimentaire pour les animaux. Deux situations se rencontrent : les animaux sont lâchés directement sur les parcelles de pâturage ou dans une ou plusieurs parcelles pour réaliser un déprimage, qui seront ensuite fauchées en foin.

Il est très important de savoir arrêter le déprimage à temps afin de ne pas se laisser déborder par la pousse de l’herbe dans les parcelles pâturées.

Préserver la qualité

Si on attend que l’herbe soit bien développée pour mettre les animaux à l’herbe, la quantité et la qualité sera à son optimum dans les premières parcelles. Mais dans les suivantes, l’avancement du stade des plantes entrainera une baisse de la qualité avec toutes les conséquences sur les performances des animaux que cela entraîne.

En parallèle, c’est au printemps que la croissance de l’herbe est la plus importante donc le retard accumulé se traduira par un gaspillage important. Evaluez la quantité d’herbe disponible en nombre de jours d’avance de pâturage.

S’adapter en fonction de son système fourrager ?

À partir de la hauteur de l’herbe, évaluez à une date donnée la quantité d’herbe disponible sur vos prairies en « nombre de jours d’avance de pâturage ». L’optimum au mois d’avril est d’avoir 12 à 15 jours d’avance de pâturage, lorsque l’on dispose de 27 à 30 ares d’herbe par vache laitière, ou de 35 à 40 ares par UGB en système viande.

Vous disposez alors de toutes les cartes en main pour savoir si vous pouvez fermer votre silo ou arrêter le déprimage.

De même, à la mi-mai, si le nombre de jours d’avance est supérieur de 20 à 25 jours, il sera nécessaire de faucher une des parcelles prévues pour le pâturage. Cela présentera l’avantage de disposer d’une repousse de bonne qualité fin juin. Nous vous conseillons aussi de découper la surface de pâture de chaque lot de bovins allaitants en 4 parcelles au moins (de taille sensiblement identique) et en 8 parcelles pour les vaches laitières, afin de disposer de plus de souplesse dans la gestion de l’herbe au printemps.

Gérer différemment ses prairies selon les espèces

Il faut bien sûr démarrer par les espèces qui démarrent le plus tôt en végétation mais aussi les plus précoces, comme les ray-grass d’Italie ou les variétés les plus précoces de ray-grass anglais. Entre deux espèces, un ray-grass d’Italie et un dactyle par exemple, il peut y avoir entre 10 et 20 jours de différence de précocité, de même qu’entre deux variétés d’une même espèce.

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