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Elles ont effectivement plein de qualités. Elles sont capables de stocker beaucoup d’azote et autant de carbone qu’une forêt. En tant que couvert fermé et permanent, elles limitent fortement l’érosion. Les pertes de phosphore ou les risques de contaminations bactériennes sont très réduits, sauf dans les zones à fortes pentes (montagne), mais les éleveurs le savent et apportent des quantités plus limitées de fertilisants.
Côté pesticides, pas de soucis non plus car les prairies n’en reçoivent pratiquement pas. Les pâtures sont aussi très favorables à la biodiversité des sols, avec une microfaune et une macrofaune (vers de terre par exemple) jusqu’à 5 fois plus élevées que dans les terres cultivées ainsi qu’une diversité végétale (pour les prairies naturelles) et animale.
Plus la charge animale et les quantités d’azote mises en jeu sont élevées, plus on augmente le risque de perte de nitrates entraînés par la lame drainante(1) hivernale. En réalité, la période la plus difficile à gérer est le retournement des prairies. Une pâture stocke beaucoup d’azote et de carbone, mais l’année où on la retourne, la minéralisation de l’azote est très rapide et la culture suivante n’en capte souvent qu’une partie.
Le reste risque d’être entraîné par l’eau par « lixiviation(1)», dans les nappes ou les rivières et rejeté à la mer.
Il est possible d’atténuer les effets du retournement des prairies en jouant sur les successions culturales. La plante qui absorbe le plus d’azote après une prairie est la betterave fourragère, culture qui, pour des tas de raisons, a tendance à être abandonnée. La piste la plus intéressante est celle des couverts végétaux constants, pour ne plus avoir de sol nu. Comme il est difficile d’implanter une CIPAN (Culture Intermédiaire Piège à Nitrate) après un maïs en zones océaniques pluvieuses, les Chambres d’Agriculture conseillent de semer le couvert
dans le maïs lorsqu’il atteint le stade 6-7 feuilles en juin. Des essais sont aussi conduits pour passer d’un couvert à l’autre sans labour ni destruction herbicide.
Si le phosphore entraîne des risques d’eutrophisation(1) dans les eaux douces, c’est l’azote qui est limitant dans les eaux salées, car les apports de phosphore d’origine agricole sont infimes, au regard des quantités considérables accumulées dans les sédiments marins. C’est bien l’azote qui pose des problèmes d’algues vertes dans les baies bretonnes comme celles de Lannion et Saint-Brieuc, présentant de grandes étendues d’eau peu profonde et peu brassée. Dans les situations sensibles, il est tout à fait possible de maintenir le pâturage des prairies, à condition d’être vigilant sur les chargements d’animaux et de limiter leur fréquence de retournement, voire de favoriser les prairies permanentes.
Dans les prairies à production moyenne, aux alentours de 500 UGB équivalent jours de pâturage/ha(2). Un peu moins dans les sols superficiels et un peu plus dans les prairies très productives sur sols profonds. Il faut par exemple éviter les pâturages « parking », à côté des bâtiments, le pâturage sur des sols non portants ou l’affouragement prolongé à la parcelle durant les sécheresses estivales.