Quand faut-il décider la rénovation ?
De nombreux indices peuvent être révélateurs d’une flore en
régression, comme la baisse de la
productivité ou le comportement
des animaux. En troupeau
allaitant, quand les gros veaux
vont boire aux autres mères, en
troupeau laitier quand les vaches
vont se coucher plus de deux
heures après la traite.Plus de 10 refus pour 10 mètres
peuvent aussi être un indice, de
même que des adventices trop
nombreuses, trop d’espaces vides
ou une flore trop précoce par
rapport aux objectifs d'exploitation.
Il est important de comprendre
pourquoi la flore s'est dégradée
pour ne pas répéter les mêmes
erreurs (surpâturage ou
sous-pâturage, accident
climatique, flore mal adaptée
à l'objectif d'exploitation).
Dès que la fréquence de bonnes
graminées et légumineuses
descend au-dessous de 30%,
une intervention s'impose.
Comment intervenir ?
Par une rénovation totale ou par
un sursemis. La rénovation totale
passe par une destruction de la
prairie. Le labour est assez lourd à mettre en place dans des sols
souvent fragiles. Il peut être
remplacé par un glyphosate à l’automne, avec reprise du sol
et semis au printemps.
Sursemis avec un semoir à disques pour semis direct.
Cette technique peut être utilisée en semis direct après avoir détruit la flore, une dizaine de jours
auparavant, avec un désherbant total systémique. |
Le semis direct, moins gourmand
en temps,peut aussi être envisagé
dix jours après le traitement au
glyphosate.
Le sursemis est une alternative
intéressante. Il permet un
maintien de la flore initiale tout
en augmentant la fréquence
des bonnes graminées ou
légumineuses.
Il permet aussi le maintien de la
parcelle dans le cycle de production
et ouvre l'accès au progrès
génétique,à des parcelles difficiles
d'accès ou qui présentent des
contraintes diverses. Il peut être
réalisé en semis direct ou tout
simplement après un passage de
herse lourde agressive suivi d’une
distribution de semences à la
volée et d’un tassement.
Comment choisir l'espèce et la variété à implanter ?
Bien choisir l'espèce et la variété
est fondamental pour bénéficier
du travail du sélectionneur.
Le choix de l'espèce devra répondre à six questions : quel type de sol,
quelle période d'utilisation, quel
objectif d'exploitation, sous
quelles contraintes climatiques,
pour combien d'années et pour
quels types d’animaux ?
Le choix de la variété dépendra,
quant à lui, de critères spécifiquesà chaque espèce : ploïdie, précocité,
type botanique ou résistance aux maladies.
Quel sera l’impact économique
d’une rénovation de prairie ?
Le coût d'une rénovation peut
se réduire à l'achat de la semence,
et à quelques heures de tracteur
ou de prestation de semis.
Cette
somme,qui s’amortit sur 3 à 5 ans,
conduit au final à un prix de
revient très faible de la tonne
de matière sèche.
De son côté, l'amélioration de
la flore permet d'augmenter le
nombre de jours de pâturage
et la quantité de fourrage pâturé
par rapport au volume de
fourrage récolté.
Or un fourrage pâturé coûte trois
fois moins cher qu’un fourrage
récolté. Un fourrage de qualité
supérieure valorise également
mieux l’aliment concentré
et réduit la substitution
concentré-fourrage. De même,
le coût de la récolte par tonne
de matière sèche diminue
par la simple augmentation
de la productivité/ha.