Une fois que les symptômes apparaissent, il n'est plus possible de limiter les fusarioses. La fusariose du blé est l'une des principales maladies de l'épi, et les contaminations se produisent principalement autour de la floraison. L'estimation du risque va permettre de mettre en place des moyens de lutte.

Les fusarioses altèrent le rendement et parfois la qualité avec la production de déoxynivalénols (DON). En fonction de la teneur en DON de la récolte, les débouchés possibles peuvent être réduits. Il s'agit d'une maladie fongique qui touche principalement les épis et les grains, favorisée par l'humidité autour de la floraison.

En bref : comment limiter le risque de fusariose du blé ?

  • Le risque se joue autour de la floraison : une fois les symptômes visibles, il est trop tard pour agir.
  • Quatre facteurs déterminent le risque : la météo à floraison, le précédent cultural, la gestion des résidus et la sensibilité variétale.
  • Le choix variétal est un levier majeur pour réduire le risque d'accumulation de DON.
  • Tout se prépare en amont : anticipez la rotation, l'enfouissement des résidus et le choix d'une variété adaptée à votre parcelle.

Qu'est-ce que la fusariose du blé ?

La fusariose est l'une des principales maladies de l'épi sur blé.

Elle se développe avec des températures proches de 20 °C et de l'humidité autour de la floraison.

Le nom « fusarioses » rassemble en réalité plusieurs familles de champignons, qui n'ont pas les mêmes conséquences : certaines produisent des mycotoxines, d'autres non. Cette distinction est essentielle, car elle détermine la nature du risque pour la récolte.

Fusarium et Microdochium : quelles différences ?

Famille Production de DON Ce qu'il faut retenir
Fusarium, dont F. graminearum Oui, selon les espèces, notamment F. graminearum Responsable de l'échaudage des grains et de la coloration rose-orangée sur le rachis. C'est lui qui porte l'enjeu DON.
Microdochium (M. nivale, M. majus) Non N'attaque pas directement les grains mais les épillets et les feuilles. Peut impacter le rendement et la qualité, sans risque DON.

Autre différence de taille : les facteurs agronomiques (précédent, travail du sol, variété) influencent le risque lié à F. graminearum, alors que Microdochium dépend surtout des conditions météo autour de la floraison.

Comment reconnaître la fusariose du blé ?

Les symptômes s'observent principalement sur l'épi, après la période de contamination. Les signes à repérer :

  • une nécrose ou une décoloration précoce d'un ou plusieurs épillets ;
  • un échaudage partiel, puis parfois complet, de l'épi ;
  • une coloration rose-orangée, notamment sur le rachis ;
  • des grains petits, ridés ou échaudés ;
  • un brunissement du col de l'épi, signe caractéristique de F. graminearum ;
  • des taches verdâtres sur les feuilles, indice de la présence de Microdochium.

Deux nuances importantes. D'abord, les symptômes sur épi orientent le diagnostic mais ne permettent pas d'identifier avec certitude l'espèce en cause : seule une analyse le confirme. Ensuite, il n'existe pas de lien systématique entre l'intensité des symptômes visibles et la teneur finale en DON du lot.

Quand le blé est-il le plus sensible à la fusariose ?

La contamination des épis se produit à la floraison, dès la sortie des premières étamines. C'est la fenêtre déterminante : les conditions météo de cette période conditionnent en grande partie le risque de l'année.

Une forte humidité ou des épisodes pluvieux autour de la floraison favorisent nettement la contamination. Un cumul de pluie important sur cette période, notamment sur les 14 jours encadrant ce stade, augmente nettement le risque. À partir d'environ 40 mm, la vigilance doit être renforcée. À l'inverse, une floraison sèche limite fortement les contaminations. Surveillez donc la météo à ce stade précis, en gardant à l'esprit que lorsque les symptômes deviennent visibles, la contamination a déjà eu lieu.

Comment évaluer son risque fusariose à la parcelle ?

Le risque ne se juge pas à l'échelle de l'exploitation mais parcelle par parcelle. Évaluez-le en croisant plusieurs critères, dont certains s'anticipent dès avant le semis.

Critère Situation à risque À retenir
Météo à floraison Pluie ou humidité persistante Premier facteur de contamination des épis
Précédent cultural Maïs ou sorgho Ces précédents laissent des résidus porteurs d'inoculum
Résidus de récolte Résidus contaminés laissés en surface Source d'inoculum maintenue d'une campagne à l'autre
Travail du sol Absence de labour ou enfouissement limité Exposition accrue des épis à l'inoculum
Sensibilité variétale Note d'accumulation DON faible Levier important quand les autres facteurs sont défavorables
Type de blé Blé dur Généralement plus sensible que le blé tendre

Plus le contexte agronomique et climatique est défavorable, plus la note de la variété devient décisive.

Comment lutter contre les fusarioses du blé ?

La lutte agronomique est la plus efficace contre la fusariose. Des interventions existent au moment de la floraison, mais leur efficacité reste partielle : la prévention repose d'abord sur l'agronomie et le choix variétal. Le risque fusariose est à prendre en compte dès l'implantation de la culture :

  1. Choisissez votre parcelle en fonction du précédent : évitez les précédents sorgho et maïs ;
  2. Privilégiez un labour ou un enfouissement des résidus de récoltes ;
  3. Regardez la résistance variétale à l'accumulation DON ou le cas échéant aux fusarioses ;
  4. Gardez enfin un œil sur la fenêtre de floraison, période où se joue la contamination des épis.

Ces leviers n'ont pas tous le même poids : la rotation et la gestion des résidus pèsent le plus lourd, suivies de près par le choix variétal.

Quelles variétés choisir sur une parcelle à risque fusariose ?

Les variétés sont testées sur leur résistance à l'accumulation de DON : plus la note est élevée, plus la variété est adaptée au risque fusariose. La cotation s'échelonne de 1 (sensible) à 9 (résistant). En absence de cette cotation, la note de résistance à la fusariose est prise en compte. Elle donne uniquement une information sur la sensibilité face aux symptômes.

La variété APACHE reste la référence du marché pour sa résistance à la fusariose sur épis et à l'accumulation de DON. Les variétés LG ABILENE et LG ABSALON peuvent aussi être cultivées derrière maïs. Le levier variétal ne supprime pas le risque, mais il contribue à le réduire dans les situations les plus exposées. Pour comparer le comportement des variétés dans votre secteur, appuyez-vous sur les résultats d'essais blé.

Découvrez nos semences de Blé

Questions fréquentes sur la fusariose du blé

Comment reconnaître la fusariose du blé ?

Les symptômes apparaissent sur l'épi : décoloration ou nécrose d'un ou plusieurs épillets, échaudage, coloration rose-orangée sur le rachis, grains petits ou ridés. Un brunissement du col de l'épi signale plutôt F. graminearum. Ces signes orientent le diagnostic sans permettre d'identifier l'espèce avec certitude.

À quel stade le blé est-il le plus sensible ?

À la floraison, dès la sortie des premières étamines. C'est à ce moment que les épis se contaminent si les conditions sont humides. Les symptômes n'étant visibles que plus tard, l'évaluation du risque doit se faire en amont.

Quels facteurs augmentent le risque de DON ?

Quatre principalement : une pluie ou une forte humidité autour de la floraison, un précédent maïs ou sorgho, des résidus de récolte laissés en surface et une variété peu résistante à l'accumulation de DON. Le cumul de ces facteurs élève fortement le risque.

Quelle variété choisir en parcelle à risque fusariose ?

Une variété avec une bonne note d'accumulation de DON, d'autant plus quand le précédent et le travail du sol sont défavorables. APACHE reste la référence du marché, tandis que LG ABILENE et LG ABSALON conviennent également derrière un maïs.


Guide des Semences LG

Retrouvez les informations techniques sur les céréales à paille et les protéagineux : précocité épiaison, alternativité, résistance maladies, composantes de rendement, listes recommandées... pour les semences de blé, orge, triticale, seigle, avoine, pois, féverole en hiver et en printemps. Je le découvre