Culture de l'orge : de la semence à la bière

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Tous nos conseils sur la culture de l'orge, du semis à la valorisation.

L'orge est essentiellement destinée à l'alimentation animale et à la fabrication de bière. En fonction du débouché, les pratiques culturales peuvent varier surtout entre l'orge d'hiver et de printemps. Certaines étapes sont importantes pour la réussite de cette culture notamment au niveau de la maitrise de la JNO. Voici les principaux points d'attention à avoir sur les cultures d'orge.

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Guide des Semences LG

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L'orge, du nom latin Hordeum vulgare, est la deuxième céréale à paille cultivée en France après le blé. Sa culture est intéressante pour ses débouchés brassicoles ou fourragers. Chez les éleveurs, les productions de grain et de paille sont souvent autoconsommées. Il est important de l'implanter dans un sol sain ou filtrant, l'orge n'aimant pas les terres hydromorphes.

Orge d'hiver ou de printemps, le choix doit intégrer le débouché

Une orge de printemps est intéressante dans l'assolement pour casser le cycle des bioagresseurs. De plus, elle bénéficie d'une bonne valorisation en brasserie. Pour ce débouché, il est aussi possible de cultiver des orges d'hiver. Elles ont l'avantage d'intégrer la tolérance JNO et d'avoir un rendement souvent supérieur aux orges de printemps en raison d'un cycle allongé.

Les orges d'hiver pour l'alimentation animale peuvent être en 2 rangs ou en 6 rangs, aussi appelé escourgeons. Leur productivité est généralement supérieure aux variétés brassicoles. Pour un objectif de paille, les variétés 2 rangs sont souvent plus appréciées avec un tallage supérieur aux escourgeons.

Orge 6 rangs (escourgeon) ou 2 rangs
Orge 6 rangs (escourgeon) ou 2 rangs

Semis d'orge, la première étape pour assurer le rendement

L'orge d'hiver est semée uniquement à l'automne, en général c'est la première céréale implantée car elle craint l'hydromorphie. Le type de sol a donc une forte importance dans le bon développement de la culture. Les périodes de semis sont préconisées par région et doivent tenir compte de la variété. Il faudra veiller à retarder la date de semis des plantes précoces à montaison.

L'orge de printemps peut être semée en février-mars ou en novembre pour les régions aux hivers cléments. Les variétés de printemps semées à l'automne permettent un meilleur rendement grâce à un cycle allongé, tout en préservant leur qualité brassicole. Dans ces conditions, la variété devra avoir une bonne résistance à la rhynchosporiose car le risque est augmenté.

La densité de semis devra être ajustée en fonction du type de sol, des conditions météorologiques et de la période de semis.

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Pour l’achat de semences certifiées, l’agriculteur bénéficie d’un avoir de 5 € par quintal. Ceci en contrepartie du prélèvement de la CRIV, Contribution Recherche et Innovation Variétale, lors de la livraison de sa collecte passée. Cette démarche permet le financement du progrès génétique français via la mise en place de projets collaboratifs pour répondre aux enjeux agricoles de demain : adaptation aux changements climatiques, réduction des intrants, réponse aux besoins des consommateurs, etc.

Être vigilant avec les ravageurs d'automne : pucerons et cicadelles

Les implantations automnales sont soumises à la présence de pucerons, vecteurs du virus de la jaunisse nanissante de l'orge (JNO), et de cicadelles, responsable de la maladie des pieds chétifs. Face à ces bioagresseurs, il est possible d'utiliser la lutte chimique, insecticides à positionner en présence du ravageur après observation, ou la méthode agronomique comme le retard de la date de semis mais une perte de rendement est tout de même à prévoir.

Pour lutter contre la JNO, l'utilisation d'une variété tolérante est une solution efficace, en plein développement, qui a fait ses preuves. Le puceron peut piquer l'orge mais le virus ne se développe pas car la plante se défend contre le virus. Chaque année, de nouvelles variétés tolérantes JNO viennent enrichir le catalogue. Les Certificats d'Économie de Produits Phytosanitaires, ou CEPP, encouragent ce développement en incitant les distributeurs à référencer ces variétés, moins dépendantes des interventions phytosanitaires.

Surveiller le jaunissement des feuilles en sortie d'hiver

Il n'est pas rare d'observer des feuilles jaunes en sortie d'hiver sur l'ensemble de la parcelle ou en foyer. Plusieurs raisons possibles à ces jaunissements : des carences en azote ou en souffre qui se corrigent par un apport d’engrais, des phytotoxicités, la présence de virus ou d'autres causes liées au sol (excès d'eau par exemple). En effet, c'est à cette période que se manifeste les symptômes de JNO et de mosaïques. Pour ces virus, il est trop tard pour réagir, la protection se fait en amont au moment du choix variétal et du semis.

Eviter une arrivée trop précoce du stade épi 1 cm

Le choix de la variété est corrélé à la région et à la date de semis. Les orges précoces à montaison ne doivent pas être implantées dans les secteurs froids ou alors seulement en semis tardif. À l'approche du stade épi 1 cm, des températures inférieures à -4°C peuvent geler l'épi. Dans les cas les plus graves, la plante ne produira aucun grain. Pour les orges de printemps en semis automnal, ce risque est important à prendre en compte. Il n'est pas conseillé d'utiliser cette technique dans les régions à hivers froids.

Lutter contre les maladies en végétation et à l'implantation

Les maladies des orges sont localisées sur les feuilles. Les épis et les tiges sont en général épargnés. La rhynchosporiose, l'helminthosporiose et la rouille naine sont les principales maladies de l'orge. Les interventions chimiques sont efficaces sur la plante, mais il est possible d'utiliser des leviers préventifs avec l'agronomie (date de semis retardée) et la génétique. La résistance variétale est un moyen de limiter l'emploi de produits phytosanitaires.

Pour l'orge de brasserie, une liste de produits phytosanitaires utilisables est définie par les malteurs et brasseurs de France et restreint les possibilités.

Récolter l'orge pour le grain et la paille

Ayant un cycle plus rapide que le blé, l'orge d'hiver est la première céréale à être récoltée. En revanche, l'espèce de printemps est souvent récoltée après le blé. Pour être commercialisés, les grains doivent respecter certaines exigences sanitaires, quant à la présence de mycotoxines, et suivre des normes physiques : poids spécifique (PS), taux de protéines et pour une production brassicole, le calibrage.

La paille d'orge est intéressante dans les exploitations d'élevage. Ce co-produit s’intègre dans le choix variétal : il est préférable de choisir une orge haute avec un bon tallage et peu sensible à la verse.

Valoriser sa production en brasserie

La brasserie est un débouché rémunérateur qui demande des exigences qualitatives pour la fabrication de la bière. L'aboutissement de l'orge brassicole au produit fini demande une première transformation, pour obtenir le malt à partir des grains, puis une seconde intervention pour passer du malt à la bière. Pour que la récolte puisse être retenue en filière brassicole, elle doit être constituée de variétés ayant été approuvées par les malteurs et les brasseurs de France. Les critères technologiques portent sur le grain, puis le malt. Ils reposent sur : le niveau d’extrait, les désagrégations protéolytique et cytolytique, la filtration, etc.

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