De la famille des poacées (graminées), le sorgho fourrager est proche du maïs mais il est plus tolérant à la sécheresse grâce à son puissant système racinaire. Valorisé en fourrage, pour l’alimentation des troupeaux bovins notamment, il est gélif et donc principalement utilisé de mai à octobre en France.

À la recherche de plantes plus tolérantes à la sécheresse, certains éleveurs se tournent vers le sorgho fourrager multicoupe qui permet de réaliser plusieurs exploitations en six mois. La sélection avance et certaines variétés apportent une véritable plus-value dans l’utilisation et les rations.

Présentation des différentes typologies de sorghos fourragers

Il existe 2 grandes familles : le monocoupe qui est valorisé en grain pour l’alimentation humaine et en tant que fourrage pour les animaux ou la méthanisation. Son potentiel va s'exprimer sur l’unique coupe de l’année. Et le multicoupe - dont il sera principalement question dans ce dossier - qui est majoritairement valorisé en fourrage et qui se démarque par sa grande flexibilité d’utilisation : pâturage, affouragement, ensilage, enrubannage, … son cycle de végétation relativement court le destine à être exploité plusieurs fois avant la première gelée pour un potentiel annuel de 8 à 12 T MS/ha (en conditions optimales d’apport en eau).
LG - Schéma typologie des sorghos fourragers

Deux génotypes se distinguent dans la famille des multicoupes :

  • Les Sudan Grass (sorghos du Soudan) qui sont des plantes assez fines, généralement plus précoces et avec une bonne capacité de tallage.
  • Les hybrides (Sudan x Bicolor) qui sont plus tardifs et offrent une productivité plus élevée et une meilleure valeur alimentaire que les Sudan grass. Leur morphologie est plus imposante avec des feuilles qui peuvent mesurer jusqu’à 15 cm de large.

LG - Comparaison sorghos fourragers multicoupes : type Sudan à gauche et type Hybride à droiteSorgho fourrager type Sudan à gauche et hybride à droite

Les caractéristiques génétiques améliorantes des sorghos fourragers multicoupes

Le travail de sélection permet d’améliorer les plantes en proposant des variétés qui présentent des caractères bénéfiques :

  • Mâle stérile
    Cette caractéristique, qui existe à l’état naturel, empêche les plantes de s’autoféconder et donc de produire des grains. La teneur en sucre est concentrée dans les plantes et en améliore leur valeur énergétique.
  • BMR
    Ce gène appelé Brown mid rib (nervure centrale brune) offre la particularité de diminuer la teneur en lignine et donc d’améliorer la digestibilité du fourrage. La valeur énergétique est préservée et la ration plus efficiente.
  • PPS
    Cette spécificité dite « Photo Period Sensible » signifie que la plante a une pousse exclusivement feuillue lorsque la longueur du jour est supérieure à 12 heures. C’est donc uniquement lorsque les jours raccourcissent que l’induction florale commence ce qui, pour la France, garantit une absence d’inflorescences jusqu’à l’automne. La qualité est ainsi préservée et l’importante souplesse d’exploitation facilite son utilisation.

L’implantation et la conduite du sorgho fourrager multicoupe

Les clefs d’un semis sorgho multicoupe
Comme pour les prairies, la préparation du sol est à soigner : il faut une structure fine et rappuyée. Pour favoriser une levée rapide, veillez à semer dans un sol suffisamment réchauffé (> 12 °C).
Semez à 25 kg/ha à l’aide d’un semoir à céréales (écartement de 12,5 cm max.) à une profondeur comprise entre 2 et 3 cm maximum et roulez bien avant et après le semis pour favoriser la germination.
Bien que le sorgho soit tolérant à la sécheresse, il aura tout de même besoin d’eau pour germer et s’installer correctement. C’est pourquoi une pluie post semis est indispensable à la réussite de la culture et que les semis de juillet sont plus risqués. Le sorgho est plus facile à positionner derrière la récolte d’une céréale immature avec un semis fin mai. Le risque de sécheresse est moindre à cette période pour favoriser l’implantation.

Une conduite spécifique
Comme toutes graminées prairiales, la valeur alimentaire chute rapidement lorsque les panicules apparaissent. Il est donc important d’exploiter les sorghos multicoupes avant ce stade ou d’utiliser des variétés PPS.
Pour exprimer pleinement son potentiel, un apport d’azote de 30 à 40 kg après chaque coupe sera très bien valorisé (respecter la réglementation en vigueur).
Enfin, en fauche comme en pâture, laissez 10 cm à la base des plantes pour favoriser la repousse.

Attendre le bon stade pour pâturer !
Au pâturage, il ne faut surtout pas mettre les animaux à pâturer avant 60 cm de végétation. Avant cette taille, la concentration de durrhine est importante est présente un risque de toxicité. Une fois ingérée et dégradée sous l’action des enzymes, de l’acide cyanhydrique est libéré dans le rumen pouvant entrainer une paralysie respiratoire et la mort dans les cas les plus critiques. Il n’y a pas de risque après ce stade ou si le fourrage est conservé par voie sèche ou humide, ou s’il est pré-fané une journée avant distribution en affouragement.
Distribué entre 2 et 6 kg de MS/j, la teneur en UFL est supérieure à 0,8 au stade montaison ce qui fait du sorgho un véritable atout pour contribuer à alimenter le troupeau en période estivale, lorsque la production des autres fourrages est plus limitée.

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