Avec près de 5 millions d'hectares en France, le blé tendre est la principale espèce cultivée. En autoconsommation ou destiné à la vente, le blé a un intérêt fort dans l'agriculture française. Pour réussir son blé, il faut être vigilant à certaines étapes : le semis, le désherbage, la lutte contre les maladies, la récolte et la valorisation. Découvrez ici les clés de réussite de la culture du blé tendre !

Espèce très répandue sur le sol français, le triticum aestivum, ou blé tendre, représente la principale production de céréales. Cette plante s'adapte à un grand nombre de sols et permet d'avoir des rendements en grain importants. La paille peut-être un co-produit intéressant mais d'autres céréales sont plus adaptées comme l'orge ou le triticale. Les débouchés des blés tendres sont vastes : alimentation animale ou humaine, usages industriels avec les amidonneries ou le bio-éthanol... L'alimentation animale est la principale utilisation du blé en France : en usine ou à la ferme, les grains sont écrasés en farine pour être intégrés à des rations. La meunerie est un débouché important et permet de valoriser sa production : les grains sont alors transformés en farine puis en pâte pour donner du pain, des viennoiseries... 

Choisir une variété de blé qui vous convienne

La variété de blé doit correspondre à vos contraintes de sol et de climat ainsi qu'aux débouchés (meunerie, export ou alimentation animale). Elle doit aussi être raisonnée selon votre rotation et votre itinéraire technique, comme par exemple :

  • Pour un blé de betteraves, la date de semis peut être retardée, il faudra choisir un blé qui se sème tard,
  • Pour un blé de maïs avec un risque fusariose fort, on choisira une variété peu sensible à l'accumulation DON,
  • Pour un blé de blé, la plante devra être précoce à fort tallage.

Le rendement se détermine dès le semis

Les plages d'implantation sont préconisées en fonction des données pédo-climatiques locales, elles doivent correspondre à votre terre. La date de semis des variétés dépend de leur précocité et de leur alternativité. Une fois la date déterminée, la question de la densité de semis se pose. Elle se définie en fonction de la région, du type de sol et s'ajuste au dernier moment avec la date et les conditions d'implantation.

Pour calculer la quantité de semences nécessaire, il faut connaître la densité de semis envisagée et le PMG de la semence.

Il est possible de semer du blé en mars, il suffit de choisir une variété alternative ou de printemps.

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Le désherbage, un enjeu pour la réussite de la culture

Le salisement des céréales est de plus en plus préoccupant, notamment en blé. Un désherbage d'automne permet de limiter le développement des adventices. Parmi les solutions disponibles, le chlortoluron est un herbicide souvent utilisé sur les cultures. Avant son emploi, il s'agit de vérifier que la plante soit tolérante chlortoluron.

S'assurer d'un bon état des blés en sortie d'hiver

L'hiver est une période déterminante pour le tallage, composante de rendement importante du blé. En sortie d'hiver, le stade épi 1 cm marque le passage entre la phase de végétation et de reproduction. A ce stade, le gel d'épi doit absolument être évité. Ce risque est contrôlé au moment du semis en adaptant la précocité montaison de la variété et la date de semis aux conditions climatiques locales et aux types de sol.

Il arrive parfois que les feuilles des blés soient jaunes en sortie d'hiver. Le manque de fertilisation explique souvent ce phénomène : un apport d'engrais peut rapidement corriger les carences en azote par exemple. Mais d'autres causes peuvent être avancées pour le jaunissement des feuilles, notamment la mosaïque. Les dégâts peuvent être évités avec l'utilisation de plante résistante à ce virus.

Lutter contre les maladies dès l'implantation

Les maladies du blé touchent les plantes avec des nuisibilités variées ; elles se concentrent sur les feuilles mais s'observent également sur les épis ou sur les tiges. Il est possible de lutter contre les maladies avec des interventions chimiques au printemps mais aussi en amont avec des mesures agronomiques et le choix variétal.

Pour la septoriose et les rouilles, la résistance variétale limitera l'usage des produits phytosanitaires au niveau du nombre de passages. Dans les situations à faible pression, il est possible de se passer de la chimie.

Pour la fusariose, le piétin-verse et l'oïdium, les résistances variétales permettent des impasses de fongicides. 

Une variété cotée 6 en piétin-verse n'a pas besoin d'être protégée par un fongicide anti-piétin.

Les Certificats d'Économie de Produits Phytosanitaires ou CEPP participent aux développements de variétés économes en intrants en céréales. Le calcul du CEPP en blé repose sur les résistances variétales vis-à-vis des maladies, de la verse et de la cécidomyie.

Surveiller les cécidomyies sur les épis

Dans certaines régions, la cécidomyie orange limite les rendements du blé et la qualité des grains. Au stade de la floraison, l'insecte se pose sur les épis pour pondre dans les fleurs. Les larves se développent au détriment du grain. Pour s'épargner de ce risque, le choix d'une plante résistante à la cécidomyie est une solution. L'insecte sera toujours présent dans les cultures mais ne fera pas de dégât.

Récolter dans de bonnes conditions pour préserver le grain

La date de récolte dépend de la précocité de la plante, de la date de semis et des conditions climatiques. Une sécheresse en fin de cycle avancera la récolte et diminuera la taille des grains.

La qualité du grain est un critère déterminant pour la bonne commercialisation de la production. Elle est appréciée au moment de la récolte à travers : le poids spécifique (PS), le taux de protéines, la force boulangère et le temps de chute de Hagberg. Le blé doit être récolté dans de bonnes conditions : un taux d’humidité inférieur à 15 % garantira une bonne conservation tandis que des conditions pluvieuses à la récolte peuvent dégrader le PS et le temps de chute de Hagberg. 

Pour toutes céréales collectées, le distributeur prélève la CRIV, Contribution Recherche et Innovation Variétale. Elle permet le financement de la recherche variétale en céréales afin de proposer des solutions adaptées aux changements climatiques, à l'évolution de la demande, aux divers débouchés, etc. L'achat de semences certifiées participe aussi au progrès génétique : par mesure d'équité, un avoir de 5 € par quintal est reversé à l'agriculteur  réalisant l'achat.

Valoriser sa production à l'export ou en meunerie

Pour être commercialisée, la production doit tout d'abord répondre à des exigences sanitaires : les mycotoxines, métaux lourds et produits phytosanitaires font l'objet de contrôles.

La moitié de la production française de blé est exportée pour l'alimentation humaine ou animale. Les lots collectés sont qualifiés à partir de la grille de classement des blés basée sur la qualité physique du grain (source France AgriMer).

La meunerie est un débouché important en France avec comme principal produit, le pain. La qualité technologique de la production dépendra des variétés qui constituent le lot. Les variétés adaptées à ces débouchés sont définies par l'Association Nationale de la Meunerie Française (ANMF), qui met à jour tous les ans les produits répondant aux différentes exigences de la meunerie.

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